MENACE INTIME
Le commissaire Balèze-Navet
ne décolérait pas. Il était la proie d'une colère froide, qui, en ce mois de Juillet
n'en était que plus dévastatrice. Une colère rentrée, qui avait fait sortir ses
Inspecteurs de son bureau, en toute hâte.
Evidemment, on ne pouvait rien attendre de bon d'un métier se consacrant aux
criminels, des gens manquant totalement de savoir-vivre! En temps normal, il était
plutôt enclin à avoir une certaine indulgence pour les assassins. Après tout, c'était
leur mortelle activité qui le faisait vivre! Mais encore fallait-il qu'ils aient la
courtoisie de perpétrer leurs forfaits à des moments acceptables, en des périodes de
travail normales! Commettre un assassinat un trente juillet, la veille de son départ en
vacances, était un comportement inqualifiable! Un meurtre, en cette période, ne pouvait
qu'être l'oeuvre d'un irresponsable, il l'aurait juré!
Car il ne s'agissait pas d'un de ces assassinats décents qui constituaient
habituellement le gros de son travail, ces meurtres standards qui ont la civilité de ne
pas faire de mystère! Hélas, ici, rien de cela! Plutôt un de ces meurtres qu'il
détestait, sans queue ni tête et qu'... .... à cette image, malgré sa colère, le
commissaire ne put réprimer un furtif éclat de rire en se remémorant l'état de la
victime.
C'est la concierge qui, en lui montant son courrier comme chaque matin, s'était
étonnée que le Père Osguirec ne répondît point à son coup de sonnette. Police secours,
alertée, avait fait appel à un serrurier.
On avait retrouvé le pauvre homme couché sur le ventre, sur le carrelage de sa vieille
salle de bains, entre le lavabo et la cuvette des WC. Le pantalon de pyjama
tirebouchonné au niveau des mollets, les deux fesses nues, maigres et grenues,
proéminant ridiculement au milieu d'une large flaque de sang à demi-figé qui débordait
largement de part et d'autre du corps. Lorsque le médecin légiste avait retourné le
corps, il s'était immédiatement aperçu, en homme de l'art averti et vieux routier du
métier, que la victime avait été proprement émasculée. A l'endroit stratégique ne
subsistait qu'une large blessure béante, aux contours nets, où suintait encore un léger
filet de sang. La mort avait vraisemblablement eu lieu entre sept heures et sept heures
trente du matin. Toute récente, donc. La salle de bains et le reste de l'appartement
étaient en ordre. L'absence de sang, en dehors de la flaque sous le corps, prouvait
qu'on avait "sectionné" à cet endroit et qu'il n'y avait pas eu déplacement après
l'ablation. La victime n'avait aucun instrument tranchant à portée de la main et une
fouille approfondie de la salle de bains d'abord, de l'appartement ensuite, n'avait pas
permis de retrouver "la parure masculine" manquante. Force était donc de conclure, au
grand dam du commissaire, qu'il ne s'agissait pas d'un accident, encore moins d'un
suicide, mais bel et bien d'un meurtre ... et que l'enquête allait l'empêcher de
prendre ses vacances.
C'était vraiment une histoire sans qu... .... Le commissaire pouffa derechef ! Mais
son hilarité passagère s'éteignit bien vite lorsqu'il pensa à ses vacances si fortement
compromises. Si encore l'assassin avait eu la simple décence de laisser quelque indice,
aussi ténu soit-il : perdre son portefeuille sur les lieux, par exemple, ou se faire
remarquer par la concierge. Indices très faibles, certes, mais que sa légendaire
perspicacité eût tôt fait de rendre décisifs ! Mais non, rien ! Aucune trace ! A se
demander si l'assassin n'avait pas commis son forfait par correspondance, à supposer
que cela fut possible.
- Blanchard .. Noir .. dans mon bureau, vitupéra le commissaire.
Les deux inspecteurs chargés de l'enquête, Blanchard le Martiniquais et Noir le
Breton, se précipitèrent.
- Oui, Patron? expulsèrent-ils en choeur en passant le seuil.
- Avez-vous interrogé la concierge et les voisins ?
- Oui, Patron, répondit Noir. On a interrogé la mère Bouzigues, la concierge. Elle a
rien remarqué de particulier. Les seules personnes qu'elle a vues, dans la matinée,
c'est les locataires de l'immeuble.
- Quels locataires?
- Pierre Dudous, le locataire du second, qui est parti à son travail vers sept heures
et quart, comme d'habitude, continua Blanchard..
- Et aussi, le relaya Noir, la vieille madame Banban, la locataire du premier,
l'appartement en face de celui de la victime, qui est sortie à sept heures pour
promener son chien, comme tous les matins. Un petit chihuahua, son "chie-ouah-ouah"
comme dit la mère Bouzigues, parce qu'il est toujours en train de chier sur le trottoir
ou d'aboyer, bref, d'emmerder le monde ....
- Et vous trouvez que c'est ce qui va faire avancer notre enquête, s'emporta le
commissaire en voyant ses deux subordonnés s'esclaffer bruyamment. <
- Non, Patron, protesta Noir, c'est seulement que....
- Suffit, hurla Balèze-Navet, en tapant sur la table.
Les deux inspecteurs se "déshilarèrent" instantanément.
- Ensuite, aboya le commissaire.
- Ben, elle a vu personne d'autre, avant de monter le courrier et d'appeler
Police-Secours, à huit heures cinq, environ.
- Est-ce que vous avez interrogé ces deux locataires? Est-ce qu'ils ont remarqué
quelque chose d'inhabituel?
- Rien.. D'après eux, tout était normal!
- Et les autres locataires de l'immeuble?
- On les a tous interrogés, aucun n'a rien vu, ni rien entendu, répondit Noir.
- Bon ! Bien que ce soit un prêtre, sa tenue au moment du meurtre, la nature de la
blessure et le fait que le meurtrier possédait vraisemblablement la clé nous obligent à
envisager un motif sexuel. Après tout, il n'était pas si vieux ! Est-ce qu'il recevait
des visites féminines?
- La concierge nous a dit qu'il menait une vie irréprochable. C'était un homme de
bien. Il était très aimé dans le quartier. Une seule femme venait le voir quelquefois,
commença Blanchard ...
- Ah.. ah.. dit le commissaire en se redressant dans son fauteuil..
- Mais, continua Blanchard, ça ne peut pas être elle !
- Oui, renchérit Noir, elle a soixante-quinze ans ! C'est elle qui s'occupe de
l'harmonium de l'église. Mademoiselle Chevrotan. A l'heure présumée du crime, elle
était chez elle, avec sa voisine.
- Et surtout, on est allés la voir à l'église. Elle a les mains qui tremblent
tellement qu'elle se signe toujours en double ou en triple. Si ç'avait été elle qui
avait "opéré", plutôt qu'une section nette comme c'est le cas, elle aurait plutôt fait
de la chair à pâté, ajouta Blanchard en glissant un regard en coin à son collègue.
Tous deux essayèrent de retenir le fou-rire qui les gagnait. Blanchard se pencha pour
relacer sa chaussure, tandis que Noir toussotait maladroitement derrière sa main.
Malgré lui, Balèze-Navet se permit aussi un sourire.
- Bon, dit le commissaire, reprenant son air sévère. Premier objectif, trouver la
partie manquante.
- Les parties ... souffla Blanchard à Noir, qui s'étouffa derechef dans ses
toussotements.
- Vous allez me fouiller toutes les poubelles, les terrains vagues, etc... etc...
- Mais, Patron , objecta Noir, avec tous les chats et les chiens qu'y a dans le
coin...
- P't'être qu'on devrait arrêter toutes les bestioles qu'auront un gros ventre,
suggéra Blanchard, l'air faussement dubitatif. Encore qu'on sait pas exactement quel
volume....
- Dehors !... rugit Balèze-Navet, tandis que les deux inspecteurs sortaient
précipitamment dans le couloir où ils purent enfin donner libre cours à leur
fou-rire.
L'affaire Osguirec, pourtant mystérieuse, si elle sema un grand trouble parmi la
petite dizaine de paroissiens assidus de Notre-Dame-de-Perry, ouailles du Père, ne tint
cependant la « Une » des journaux qu'une misérable journée. La période des départs de
vacances l'occulta très rapidement, et le commissaire Balèze-Navet, bien que n'ayant
enregistré aucun progrès dans l'enquête, se prit rapidement à espérer pouvoir bientôt
laisser à Dieu la charge de venger son serviteur et partir enfin, quant à lui, vers les
plages méditerranéennes.
Car les vacances, pour le commissaire encore plus que pour quiconque, revêtaient une
importance capitale. Elles lui permettaient de se livrer enfin, du matin au soir, à son
obsession : la contemplation des postérieurs féminins. Chaque mois d'Août, il faisait
sa cure annuelle sur les plages du Midi. Aussi, ce fâcheux contretemps le rendait-il
fébrile. Rongeant son frein, il ne pouvait que lire et relire le petit opuscule de
l'écrivain Paul Hochon, son livre de chevet : "Eloge des fesses féminines."
Si cet édifiant opuscule ne quittait jamais le commissaire c'est qu'il donnait un
alibi littéraire à son fantasme, une justification culturelle, si l'on ose dire, qui
lui permettait de le prendre de haut lorsque sa femme, périodiquement excédée, en
venait à lui reprocher son constant regard "affessé". Sa lecture passionnée lui
permettait aussi de juguler ses périodes de trop grande impatience, comme c'était le
cas actuellement, où le report de son départ en vacances le rendait encore plus
atrabilaire qu'à l'accoutumée.
Fort heureusement, se consolait-il, comme personne ne semblait s'en soucier, on allait
bientôt pouvoir enterrer l'affaire Osguirec, presqu'aussi rapidement que l'avait été la
victime. Son moral remontait d'heure en heure.
Las! Le pauvre homme dut très vite déchanter car, deux jours s'étaient à peine
écoulés, que l'on signalait un autre meurtre, dont la parenté avec le précédent ne
faisait aucun doute.
Et le commissaire de recolérer de nouveau, se murmurant méchamment tous les sévices
qu'il ferait subir au discourtois criminel lorsqu'il réussirait à l'alpaguer. Moment
qui, hélas, ne semblait pas très proche car ce deuxième meurtre semblait encore plus
mystérieux et insoluble que le premier.
La victime était cette fois-ci une femme de trente-cinq ans qui vivait seule, à trois
rues de l'immeuble du Père Osguirec. Blanchard et Noir, avertis par Police-Secours,
n'avaient pu que constater de nouveau l'absence totale d'indices.
- Qui a découvert le corps, interrogea hargneusement le commissaire.
- La voisine de palier, répondit promptement Noir. Il était à peu près trois heures de
l'après-midi lorsqu'elle a entendu, venant de chez sa voisine, la victime, un grand
cri, suivi d'un bruit de chute. Comme elle était en train de se verser un café, elle a
tout lâché et ... à propos, Patron, comme elle a cassé sa cafetière, une Mellior huit
tasses, elle m'a demandé si vous pourriez pas lui faire un certificat, pour se faire
remb.....
- Vous vous foutez de ma gueule, hurla Balèze-Navet, en se dressant comme un
ressort.
- Non, Patron, murmura Noir qui se tourna vers Blanchard pour lui murmurer
hargneusement "tu vois, j't'avais bien dit qu..."
- Alors, la suite, ça vient? dit le commissaire en se laissant retomber dans son
fauteuil.
- Elle a couru à la porte de sa voisine. Elle a frappé, personne n'a répondu. La porte
était fermée. Elle a appelé, le concierge est arrivé au bout de deux ou trois minutes.
Il est redescendu aussitôt appeler Police-Secours.
- Donc personne n'a pu sortir de l'appartement?
- Non. Y a toujours eu quelqu'un devant la porte. Et la voisine prétend qu'elle est
sortie immédiatement en entendant le cri. Et quand Police-Secours est entrée dans
l'appartement, toutes les fenêtres étaient verrouillées de l'intérieur.
- Où se trouvait le corps?
- La femme avait glissé le long de la porte des toilettes, continua Noir. Elle était
en robe d'intérieur. Sa petite culotte était baissée au niveau des genoux. C'était une
petite culotte de satin noir, avec juste une petite bordure de dentelle et une coupe
échancrée qui dégage bien les fesses, genre maillot brésilien, vous voyez, juste comme
je les aime.
- Moi aussi, dit Blanchard, c'est la forme que je préfère. Mais je préfère la couleur
rouge.
- Moi, ma femme ne veut que des culottes en coton blanc, Petit-Bateau, tu vois le
genre. Elle prétend que...
- C'est fini, oui? hurla le commissaire, en assénant un violent coup de poing sur son
bureau.
Les deux inspecteurs, penauds, abandonnèrent bien vite leur discussion technique.
- Il y avait une grande flaque de sang sous elle, reprit Noir. Entre les jambes, à
l'endroit du ... enfin ... là .... il y avait une énorme blessure.
- Oui, j'ai le rapport du médecin légiste, répondit le commissaire tout en se
rasseyant et en prenant une feuille posée devant lui qu'il se mit à lire à voix haute :
"Disparition de la plus grande partie du vagin et d'une partie du haut de la cuisse
gauche, côté interne. Partie supérieure de la grande lèvre et de la petite lèvre du
côté droit intacte. Emploi vraisemblable d'un instrument très tranchant. Mort rapide
due à un grand choc traumatique accompagné d'une hémorragie foudroyante". Ce tueur est
vraiment un psychopathe
- Là, on peut même dire qu'il "déconne", chuchota Blanchard à Noir, pendant que le
commissaire feuilletait les rapports.
Cinq jours passèrent, pendant lesquels Blanchard et Noir,houspillés sans cesse par un
commissaire invivable, investiguèrent sans arrêt, interrogeant les concierges,
squattant les bistrots, interviewant les petits commerçants, en pure perte! On n'avait
rien vu, on n'avait rien entendu, on ne savait rien.
C'en était tellement décourageant que les deux hommes en vinrent à demander une
entrevue au commissaire.
- Alors, dit Balèze-Navet, vous avez du nouveau?
- Non, Patron, commença Noir, gêné. C'est justement pour ça qu'on voulait vous
voir.
- C'est nouveau, ça, s'emporta le commissaire, vous voulez me voir parce que vous
n'avez rien à me dire, vous vous foutez de moi?
- Mais non, monsieur le Commissaire, dit Blanchard, c'est pas ça. On voulait vous voir
parce qu'avec Noir, on a bien réfléchi.
- Tiens, ça serait bien la première fois. Et peut-on savoir où vous ont mené vos ...
réflexions?
- A rien.
- Ce qui ne m'étonne pas!
- Mais non, patron, se défendit Blanchard, vous moquez pas. On voulait dire que cela
ne nous menait à rien de logique.
- C'est vrai, continua Noir, les deux victimes ont été tuées chez elles, dans leur
appartement fermé de l'intérieur et personne n'a pu en sortir. Pourtant, on n'a rien
retrouvé : ni individu, ni arme, ni parties manquantes.
- En plus, le relaya Blanchard, tous deux étaient déculottés, mais il n'y avait pas
trace de lutte. C'est ... c'est ... démoniaque, finit-il par chuchoter.
- Oh, je vous en prie, maugréa le commissaire, on n'est pas dans vos îles! Ici, le
vaudou n'a pas cours!
- Mais, Patron, s'étonna Blanchard, le vaudou, c'est à Haïti, pas à la Martinique et
...
- C'est pareil, le coupa le commissaire. Si c'est seulement pour me parler de démon
que vous êtes venus, je ..
- Non, non, s'empressa Noir, ça, c'est l'idée de Blanchard. Moi, j'ai pensé à autre
chose : les deux victimes étaient déculottées et tout près des WC.
- Ah, enfin le commencement d'une idée, s'exclama Balèze-Navet. Vous avez fait
inspecter les cuvettes, je suppose?
- Non, répondit Noir, l'air penaud, on voulait vous en parler avant.
- Et alors, bande d'empotés, hurla le commissaire, faut vraiment tout vous direl
Qu'est-ce que vous attendez? Je veux votre rapport dans moins d'une heure.
Les deux inspecteurs bondirent de leurs chaises, ouvrirent la porte en coup de vent et
jaillirent dans le couloir, envoyant dinguer les jambes en l'air le pauvre planton qui
écoutait derrière le battant.
Cinquante-huit minutes plus tard exactement, les deux hommes reprenaient le couloir en
sens inverse, à la même allure accélérée, et venaient frapper à la porte du commissaire
tandis que le planton se reculait en claudiquant de trois bons mètres, l'air
craintif.
- Vous aviez raison, monsieur le commissaire, clama Blanchard, sitôt entré.
- Qu'est-ce qui vous prend de hurler comme ça, cria Balèze-Navet, vous êtes fou ou
quoi?
- Mais non, bredouilla l'inspecteur, mais on a trouvé du sang dans les deux
cuvettes.
- Vous voyez, exulta le commissaire, je le savais! Je le savais!
- Bien sûr, bien sûr, se permit Noir, mais on en est toujours pratiquement au même
point! Comment l'assassin a-t-il pu entrer et sortir? Pourquoi a-t-il fait ça?
Qu'a-t-il fait des parties mutilées?
- Et alors, rétorqua le commissaire, c'est sans doute un pervers qui attend que ses
victimes se soient déculottées. Mais vous ne voulez tout de même pas que ce soit moi
qui fasse tout le boulot, non? Je vous ai déblayé le terrain, à vous de vous mettre au
travail, sacrés fainéants. C'est de la pure routine, maintenant.
- Tu parles d'une pure routine, s'indigna Blanchard alors qu'ils sortaient du
commissariat. Quel sale con!
- Ouais, rétorqua son collègue en se mettant à rire. C'qu'on d'vrait faire, c'est
l'attacher sur les chiottes du poste et attendre que le tueur vienne le bousiller.
- T'as raison, dit Blanchard en éclatant à son tour. Et si on allait proposer ça au
Maire?
Cette nouvelle journée n'avait rien apporté, et pour tout arranger, voilà qu'un
illuminé avait fait irruption dans la grande salle du commissariat en
hurlant :
" Ecoutez-moi, mes frères! C'est le Seigneur qui envoie un démon punir les pécheurs
par où ils ont péché! Repentez-vous, vils fornicateurs, et vous garderez peut-être vos
bijoux de famille, grâce à l'infinie miséricorde de notre Seigneur!"
II n'avait pas fallu moins de trois agents pour maîtriser le forcené.
- Fouillez-le, commanda aux inspecteurs le commissaire, qui était sorti de son bureau
en entendant tout ce bruit, voyez s'il a un instrument tranchant. On ne sait
jamais.
Noir et Blanchard s'exécutèrent.
- Il a un coupe-ongles, Patron, dit Noir en ricanant, on l'arrête?
- Fichez-moi ça dehors, cracha le commissaire en tournant les talons pour rentrer dans
son bureau.
Un quart-d'heure plus tard, Noir y faisait irruption, tout excité :
- Patron, Patron, y a ici une femme accompagnée de son mari qui dit qu'elle a été
attaquée par le tueur qui l'a manquée.
- Ah, enfin, s'exclama le commissaire. Elle vous a donné son signalement alors?
- Euh, non, Patron, bégaya Noir.
- Comment ça? s'emporta Balèze-Navet. Décidément, vous êtes toujours aussi incapables.
II faut que je fasse tout, ici!
- Attendez, patron, tenta d'expliquer l'inspecteur, vous allez voir, c'est pas si
simple, elle dit...
- Amenez-les dans la salle de réunion, coupa le commissaire. Il va bien falloir
qu'elle réponde, je vous le garantis.
(à suivre)